Jeudi soir sous les lumières du Stade de France. C'est là que se trouve le centre de l'univers du rugby, alors que deux des plus grandes équipes mondiales s'affrontent.
Les Bleus ne savent que trop bien à quoi ressemble la douleur d'une défaite à domicile contre l'Irlande, après avoir échoué de manière dramatique à Marseille il y a deux saisons.
Remédiant à cette chute majeure à quelques mois seulement de leur élimination dévastatrice en quarts de finale de la Coupe du monde à domicile, l'équipe de Fabien Galthie est arrivée à Dublin avec de mauvaises intentions. Malgré la perte du skipper talismanique Antoine Dupont à cause de ce qui s'est avéré être une grave blessure au LCA, la France a percé la forteresse auparavant impénétrable de l'Aviva Stadium.
Après une victoire 42 à 27 en route vers un deuxième titre en quatre saisons, l'équipe de Fabien Galthie a dévoilé les bases pour battre l'Irlande d'Andy Farrell.
Refuser à l'Irlande le ballon sur coup franc, passer directement avec les gros porteurs et les coups de pied contestables. Simple. Depuis lors, l’Irlande s’est détachée à deux reprises, de manière assez similaire, face à l’Afrique du Sud et à la Nouvelle-Zélande.
Nouvelles de l'équipe
Ainsi, les sélections d'équipe d'aujourd'hui dressent un tableau intéressant de ce que beaucoup s'attendent à se dérouler jeudi soir.
Galthie et Farrell ont tous deux opté pour une répartition des bancs de 6 à 2, les hôtes étant prêts à libérer le géant toulousain Emmanuel Meafou. Ce changement voit le duo plus mobile composé de Charles Ollivon et Mickael Guillard s'aligner en deuxième ligne.
L'Irlande cherchera à contrer la force française avec un banc tout aussi nombreux composé des piliers du Leinster James Ryan, Jack Conan et Nick Timoney. Il est intéressant de noter que Farrell a résisté à l'envie de nommer Edwin Edogbo, la centrale du Munster, malgré la forme stellaire de l'écluse. Au lieu de cela, le changement majeur dans le peloton est le départ du capitaine du Connacht, Cian Prendergast, du côté aveugle.
Dans leurs lignes de fond respectives, les deux entraîneurs ont lancé les dés à des postes clés, à savoir le demi d'ouverture et les trois arrières.
Soutenu par la star de l'Union Bordeaux Begles Mathieu Jalibert, Galthie a abandonné le passage de l'arrière Thomas Ramos au maillot dix. Cette décision associe Dupont au même meneur de jeu avec lequel il a joué lors de la Coupe du monde, mais qui a donné des résultats mitigés dans le passé.
Farrell a une nouvelle fois sélectionné Sam Prendergast du Leinster malgré des problèmes défensifs relativement importants. Retenant Jack Crowley du Munster, nommé sur le banc, et son coéquipier Harry Byrne, le choc de jeudi semble être un moment charnière pour le meneur de jeu très talentueux.
Dans les trois derniers, la non-sélection de Damian Penaud par Galthie a fait la une des journaux lors de la préparation du championnat de cette année. A sa place vient le finisseur électrique palois Théo Attisogbe.
Faisant un changement tout aussi important, Farrell a abandonné le titulaire James Lowe au profit de Jacob Stockdale d'Ulster. Star des Six Nations 2018, Stockdale semble désormais de retour à son meilleur niveau après quelques années difficiles.
Au poste d'arrière, Jamie Osborne revient directement dans le onze de départ alors qu'il n'a plus joué au rugby depuis les séries internationales de novembre. Avec les blessures d'Hugo Keenan et de Mack Hansen, le patron irlandais est resté fidèle à ses positions et a évité de faire passer Stockdale sous le maillot 15.
Les clés de la victoire
Rarement une compétition est aussi noire et blanche, mais la dure vérité est que le coup de pied arrêté de l'Irlande sera scruté à la loupe de la même manière que lors de son affrontement de novembre contre les Springboks.
Les trois premières options présumées de Farrell sont absentes, Andrew Porter, Paddy McCarthy et Jack Boyle étant tous indisponibles en raison d'une blessure. À la place du trio de Leinster, le duo de Munster composé de Jeremy Loughman et Michael Milne a une occasion importante de faire ses preuves.
À la tête serrée, Tadhg Furlong a perdu sa bataille pour être apte au choc, ouvrant la voie à Thomas Clarkson pour obtenir sans doute le meilleur départ de sa carrière à ce jour. Pour soutenir le Leinsterman, le vétéran Finlay Bealham est nommé sur le banc devant Tom O'Toole de l'Ulster.
Face à ce groupe se trouvent un ensemble d’accessoires français relativement nouveaux, avec Jean Baptiste Gros et Dorian Aldegheri prenant le départ. Sur le banc se trouve Rodrique Neti, 30 ans, qui remportera sa sixième sélection en test, tandis que Régis Montagne remportera sa septième.
Malgré leur relative inexpérience internationale, Neti et Montagne possèdent une vaste expérience du Top 14. De plus, le couple a un avantage de poids combiné de 25 kg par rapport à leurs homologues irlandais.
Néanmoins, ce sont des tests comme celui-ci que Farrell apprécie et seront sans aucun doute un examen approfondi de la profondeur de la première ligne irlandaise.
Au moment de l'alignement, la sélection d'Ollivon et Guillard en deuxième ligne, avec François Cros et Anthony Jegou en dernière ligne, indique clairement que les hôtes vont cibler l'alignement irlandais. Autrefois une force évidente pour les hommes en vert, l'alignement est devenu un talon d'Achille qui a retardé leurs frappes auparavant mortelles.
Dans ce département, la sélection de Cian Prendergast pourrait être centrale, le skipper du Connacht parmi les meilleurs sauteurs d'alignement du rugby irlandais. Ceci mis à part, l’Irlande semble être légère en sauteurs viables, avec le duo de Tadhg Beirne et Joe McCarthy qui n’est pas réputé pour ses prouesses dans les airs, tandis que Josh van der Flier et Caelan Doris sont plus habiles en tant que porteurs de ballon hors alignement que comme sauteurs.
L'incapacité à obtenir un ballon propre, de la même manière que lors des luttes endurées tout au long du mois de novembre, entamera gravement les espoirs de l'Irlande.
Ainsi, les projecteurs sur l’entraîneur des attaquants Paul O’Connell n’ont jamais été aussi brillants. Compte tenu du pedigree d’O’Connell en tant que l’un des grands représentants du jeu en touche, l’incapacité de l’Irlande à rectifier un problème qui remonte à la Coupe du monde 2023 est ahurissante.
À cet égard, la perte de Thomas Ahern du Munster et la non-sélection de Cormac Izuchukwu de l'Ulster devraient être un sujet de discussion si l'Irlande échouait. La même chose peut être dite au moment de la mêlée, où la non-sélection d’Edogbo prive l’Irlande d’un remplacement à parts égales pour Joe McCarthy.
Ce manque de parité sur coup de pied arrêté mettra également au premier plan l'autre préoccupation majeure de l'Irlande, la discipline. L'Irlande, passée du statut de leader mondial à cet égard à carrément horrible, appartient désormais au passé. Aux niveaux provincial et international, le rugby irlandais a un sérieux problème de discipline, la suspension de Bundee Aki rappelant à temps que Farrell doit resserrer les rênes de son côté.
Concéder un nombre comique de cartons et de penaltys contre les Springboks a laissé une empreinte sur le rugby irlandais que, à tout le moins, cette campagne présente une opportunité d'ébranler.
Défensivement, la capacité de l'Irlande à couvrir Prendergast et à passer de l'état d'esprit défensif blitz de Leinster de tant de ses joueurs à un système défensif plus connecté à Farrell est une intrigue secondaire tout aussi intéressante.
En se concentrant sur les aspects positifs des hommes en vert malgré leurs difficultés ces derniers temps, cette équipe a tout le potentiel pour devenir une force aérienne dominante, avec plusieurs joueurs possédant les matières premières nécessaires pour régner sur le ciel.
Il s'agit d'un domaine clé que l'Irlande peut cibler auprès de ses hôtes, sans que ni Louis Bielle Biarrey ni Theo Attisogbe ne soient des opérateurs renommés dans ce domaine. De même, Thomas Ramos, bien qu'il soit un opérateur de classe mondiale, a déjà été ciblé dans le jeu contestable. Pour l'Irlande, Jamie Osborne et Tommy O'Brien se sont révélés exceptionnels dans les airs, tandis que Jacob Stockdale a fait des progrès significatifs au cours des deux dernières saisons.
De même, la capacité de l'Irlande à conserver la possession s'est déjà avérée être la kryptonite du système défensif de Shaun Edwards. Priver les Bleus de possession est un moyen évident de limiter l'impact de leurs gros porteurs et de sortir largement. Si l'Irlande parvient à mener le peloton français à travers les phases et à détruire son ruck ball, non seulement elle percera des trous dans une défense qui s'est montrée poreuse ces derniers temps, mais cela limitera également les opportunités pour Antoine Dupont de tirer les ficelles.
Prédiction
Désignée comme favorite avec 13 points en début de semaine, la France arrive à juste titre dans cette compétition comme l'équipe à battre.
Sur le papier, il existe davantage de possibilités de victoire pour les hôtes, les principaux points forts étant énumérés ci-dessus.
Compte tenu de l'ensemble des problèmes de première ligne pour l'Irlande, ainsi que des préoccupations concernant la discipline et la solidité défensive, une victoire à Paris figurerait parmi les nombreuses grandes victoires de Farrell au cours des cinq dernières années.
Mélangez l'émotion de la mission de vengeance d'Antoine Dupont et les hôtes pourraient époustoufler l'Irlande dès le début et consolider à partir de là. À l’inverse, si les visiteurs parviennent à frustrer leurs hôtes et à rester en contact avant le dernier quart-temps, la balance penchera en leur faveur. Un point sous-estimé a été la capacité du Leinster à clôturer des compétitions serrées, ce qui n'est pas une caractéristique dont on aurait nécessairement pu attribuer le mérite à l'Irlande auparavant. Cette réticence à broncher leur donnera l’avantage dans une fin serrée. Bien sûr, ils doivent d’abord y arriver.
Ceci étant dit, tout pointe vers une victoire à domicile et pour l’instant nous sommes d’accord. La France à 12.
Composition des équipes
France : 15 Thomas Ramos, 14 Theo Attissogbe, 13 Nicolas Depoortere, 12 Yoram Moefana, 11 Louis Bielle-Biarrey, 10 Matthieu Jalibert, 9 Antoine Dupont (c), 8 Anthony Jelonch, 7 Oscar Jegou, 6 François Cros, 5 Mickael Guillard, 4 Charles Ollivon, 3 Dorian Aldegheri, 2 Julien Marchand, 1 Jean-Baptiste Gros
Remplacements : 16 Peato Mauvaka, 17 Rodrigue Neti, 18 Régis Montagne, 19 Hugo Auradou, 20 Emmanuel Meafou, 21 Lenni Nouchi, 22 Baptiste Serin, 23 Kalvin Gourgues
Irlande : 15 Jamie Osborne, 14 Tommy O'Brien, 13 Garry Ringrose, 12 Stuart McCloskey, 11 Jacob Stockdale, 10 Sam Prendergast, 9 Jamison Gibson-Park, 8 Caelan Doris (c), 7 Josh van der Flier, 6 Cian Prendergast, 5 Tadhg Beirne, 4 Joe McCarthy, 3 Thomas Clarkson, 2 Dan Sheehan, 1Jérémy Loughman
Remplacements : 16 Rónan Kelleher, 17 Michael Milne, 18 Finlay Bealham, 19 James Ryan, 20 Jack Conan, 21 Nick Timoney, 22 Craig Casey, 23 Jack Crowley
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